Chanel Parfum
En 1921, Ernest Beaux compose le N°5 dans son laboratoire de Grasse — à quarante minutes de Monaco. Les fleurs qui entrent dans sa composition — rose de mai, jasmin de Grasse — poussent dans l'arrière-pays de cette même Riviera que Gabrielle Chanel arpentait entre la Côte et Paris. Le parfum n'est pas né à Paris. Il est né ici — dans l'air chaud et chargé du Sud-Est, dans une géographie que Monaco connaît intimement. Cent ans plus tard, les parfums Chanel ne sont pas à Monaco des choix de consommation. Ce sont des héritages — olfactifs, familiaux, géographiques. Le fil invisible qui traverse les générations de femmes du Rocher depuis que Grace Kelly en portait un dont on ne saura jamais le nom exact — mais dont on sait qu'il venait de cette Maison.
L'Histoire · Grasse Avant Paris
Ernest Beaux est un parfumeur français d'origine russe — formé à la cour des Romanov, réfugié en France après la révolution de 1917, installé à Grasse où il dirige les laboratoires de la maison Rallet. C'est là, dans l'arrière-pays niçois, à quarante minutes de Monaco, qu'il compose en 1921 une série d'échantillons numérotés de un à cinq et de vingt à vingt-quatre pour Gabrielle Chanel. Elle choisit le numéro cinq — un accord aldéhydé d'une abstraction jusqu'alors inconnue dans la parfumerie, qui rompt avec la tradition des parfums floraux naturalistes de l'époque pour produire quelque chose qui ressemble moins à une fleur qu'à l'idée d'une fleur. Cette abstraction est révolutionnaire — et elle vient de Grasse, non de Paris. Les matières premières qui donnent au N°5 sa signature — le jasmin absolu, la rose centifolia, l'iris, l'ylang-ylang — sont cultivées et récoltées dans l'arrière-pays méditerranéen. La Maison Chanel possède aujourd'hui ses propres domaines à Grasse — les champs de jasmin de Mul Masan, les roses de mai de la famille Mul — pour garantir la qualité et la traçabilité des matières premières qui entrent dans la composition du N°5 et des autres parfums de la ligne. À Monaco, cette origine géographique n'est pas anecdotique. Elle dit que les parfums Chanel sont, dans leur essence la plus profonde, des parfums de la Riviera — nés de la même lumière, du même air, du même sol que la Principauté qui les accueille.
La Boutique · Avenue des Beaux-Arts · L'Adresse
Le parfum Chanel est présenté à Monaco dans la boutique de l'avenue des Beaux-Arts — l'adresse la plus sélective de la Principauté, celle que choisissent les Maisons qui n'ont pas besoin de visibilité pour exister. La ligne de parfum coexiste avec la joaillerie, le soin et le maquillage dans un espace dont la cohérence dit quelque chose sur la façon dont Chanel conçoit la beauté — comme un ensemble indissociable dans lequel le parfum n'est pas une catégorie séparée mais la dimension invisible qui complète et prolonge toutes les autres. Les Exclusifs de Chanel — les fragrances les plus confidentielles de la Maison, présentées dans des flacons identiques qui refusent toute hiérarchie entre les compositions — sont proposés dans leur intégralité avenue des Beaux-Arts. La cliente qui vient les découvrir est reçue avec le temps qu'il faut — non pas pour être convaincue d'acheter, mais pour trouver le parfum qui lui appartient. À Monaco, où la clientèle de parfum a depuis longtemps dépassé le stade des noms connus, cette façon de recevoir est la seule qui convienne.
Le N°5 est le parfum le plus vendu au monde depuis sa création en 1921 — une statistique qui dit quelque chose sur la durée d'une conviction olfactive mais qui ne dit pas l'essentiel. L'essentiel est que le N°5 sent la Riviera — non pas le parfum commercial de la Riviera, la lavande et le mimosa des cartes postales, mais la Riviera réelle — l'air chaud chargé de jasmin à l'aube, la rose de mai cueillie avant que le soleil ne monte, la chaleur qui concentre les odeurs sur la peau plutôt que de les dissoudre. À Monaco, le N°5 n'est pas un parfum emblématique que l'on porte parce qu'il est connu. C'est un parfum géographique que l'on porte parce qu'il dit l'endroit où l'on est. La résidente permanente qui met le N°5 le matin avant de descendre sur le port ne porte pas une icône. Elle porte quelque chose qui correspond à l'air qu'elle va respirer dans quelques minutes. Cette cohérence entre le parfum et le territoire est la chose la plus rare qui soit dans la parfumerie mondiale. Et elle n'existe vraiment que sur la Riviera.
Coco naît en 1984 — l'année où Jacques Polge, parfumeur maison de Chanel depuis 1978, compose pour la Maison un oriental boisé profond et affirmé qui dit quelque chose sur les années quatre-vingt et sur la façon dont les femmes de cette époque voulaient être perçues — fortes, présentes, sans excuse. À Monaco, Coco est le parfum des femmes qui ont construit leur vie sur le Rocher dans cette décennie — celles dont les filles portent aujourd'hui Coco Mademoiselle, version plus légère et plus contemporaine composée en 2001, et dont les petites-filles portent Chance, le parfum floral frais qu'Olivier Polge — fils de Jacques, parfumeur maison depuis 2013 — a hérité d'une tradition familiale de composition. Cette transmission — du Coco des mères au Chance des filles — est la démonstration la plus précise de ce que les parfums Chanel accomplissent à Monaco sur le long terme. Ils ne traversent pas les générations par nostalgie. Ils les traversent parce que chaque génération y trouve sa propre version d'une même façon d'être — affirmée, libre, construite sur la conviction de Mademoiselle que le parfum dit qui l'on est avant que l'on ait eu besoin de parler.
Les Exclusifs de Chanel sont la ligne la plus confidentielle de la Maison — des fragrances présentées dans des flacons rigoureusement identiques, sans hiérarchie de prix ou de prestige entre les compositions, avec la conviction que le parfum le plus précieux est celui qui correspond à une peau précise et non celui qui porte le nom le plus connu. Jersey — composé autour du tissu qui a fondé la liberté stylistique de Mademoiselle — évoque le sel, la mer, la fraîcheur du vêtement porté à même la peau. Coromandel — inspiré des paravents laqués de l'appartement du Ritz — est oriental, profond, hivernal. Sycomore est boisé, fumé, masculin dans son registre mais porté autant par des femmes que par des hommes à Monaco. À Monaco, les Exclusifs trouvent leur clientèle la plus naturelle — celle qui a fait le tour des parfums connus et qui cherche maintenant le parfum personnel, celui qui n'appartient qu'à elle, que l'on ne reconnaîtra pas de loin mais dont on se souviendra après. Jersey porté sur la peau d'une résidente du Rocher par une matinée de mistral est une autre fragrance que Jersey porté à Paris en hiver. Le parfum dit l'endroit. Les Exclusifs le disent avec la précision la plus fine.
Gabrielle — lancé en 2017 par Olivier Polge comme le premier parfum féminin de la Maison à porter le prénom de Mademoiselle depuis Coco en 1984 — est un floral blanc construit autour du jasmin, de la tubéreuse, du ylang-ylang et de l'orange — quatre fleurs blanches dont la superposition produit un accord d'une luminosité particulière. À Monaco, dans la lumière blanche de midi sur le port, Gabrielle trouve sa résonance la plus juste — un parfum de lumière méditerranéenne qui ne cherche pas la profondeur de l'oriental ni la légèreté de l'aquatique, mais quelque chose d'intermédiaire et de précis — l'air d'un jardin de la Riviera à dix heures du matin, avant que la chaleur ne monte. Bleu de Chanel — composé en 2010 pour les hommes, décliné en eau de parfum en 2014 et en parfum pur en 2018 — est le parfum masculin le plus vendu de Monaco depuis quinze ans. Boisé, aromatique, construit sur le cèdre et le santal avec une signature de gingembre et de menthe poivrée, il répond à la façon dont les hommes de la Principauté se parfument — avec la même conviction discrète qu'ils choisissent leurs montres ou leurs vêtements. Présent sans insister. Reconnaissable sans s'imposer.
En 1921, Ernest Beaux compose le N°5
dans son laboratoire de Grasse —
à quarante minutes de Monaco.
Les fleurs qui entrent dans sa composition
poussent dans l'arrière-pays
de cette même Riviera.
Le parfum n'est pas né à Paris.
Il est né ici —
dans l'air chaud et chargé du Sud-Est,
dans une géographie
que Monaco connaît intimement.
Cent ans plus tard,
les parfums Chanel à Monaco
ne sont pas des choix.
Ce sont des héritages.
Ce qui distingue Chanel Parfum de toutes les autres Maisons de parfumerie présentes à Monaco n'est pas la notoriété des compositions — bien qu'elle soit universelle — ni la sophistication des matières premières — bien qu'elles soient parmi les plus qualitatives du monde. C'est l'ancrage géographique. Les parfums Chanel sont nés à quarante minutes de Monaco. Les fleurs qui les composent poussent dans l'arrière-pays que les résidentes permanentes de la Principauté voient depuis leurs fenêtres. Les domaines de jasmin et de rose que la Maison cultive à Grasse sont à une heure de voiture du Rocher. Cette proximité produit quelque chose que nulle autre Maison de parfumerie ne peut revendiquer avec la même évidence à Monaco — une cohérence entre le parfum et le territoire qui fait que porter du Chanel ici n'est pas porter une marque. C'est porter un endroit. Et à Monaco, où l'identité et le territoire sont indissociables depuis que les Grimaldi ont décidé que cette Principauté serait ce qu'elle est, cette cohérence est la forme d'appartenance la plus profonde que le parfum puisse offrir.
Chanel Monte-Carlo
Avenue des Beaux-Arts
Monte-Carlo, Principauté de Monaco
Horaires
Lundi – Samedi · 10h – 19h
Collections disponibles
N°5 · Coco · Chance · Gabrielle · Bleu de Chanel
Les Exclusifs de Chanel · Intégralité de la collection
Conseil personnalisé sur rendez-vous
Le jasmin de Grasse est récolté à l'aube
avant que le soleil ne monte
et ne détruise les molécules aromatiques.
La rose de mai est cueillie à la main
dans les champs que Chanel cultive
depuis des décennies
à quarante minutes du Rocher.
Olivier Polge compose à Grasse
avec des matières premières
que l'air de Monaco connaît déjà.
Quand une femme du Rocher
met le N°5 le matin
avant de descendre sur le port,
elle ne met pas un parfum.
Elle met l'endroit où elle est —
distillé, concentré, rendu éternel
par la main d'un parfumeur
qui travaille dans son jardin.
CHANEL
© Chanel














